Il y a un an ce mois-ci, le monde assistait à l’investiture de Donald Trump pour un second mandat à la présidence des États-Unis. Dès son arrivée au pouvoir, le 24 janvier 2025, le département d’État a publié une directive suspendant toute aide américaine à l’étranger pendant 90 jours et mettant fin aux programmes financés par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Cette mesure a suspendu toutes les nouvelles obligations de financement, prétendument pour aligner le programme d’aide étrangère sur l’agenda « America First » (l’Amérique d’abord) de l’administration.

En conséquence, des centaines d’organisations dans des dizaines de pays ont été contraintes de suspendre ou de réduire leurs services essentiels, notamment l’aide juridique, le soutien en matière de santé mentale, le traitement du VIH, les services communautaires et la lutte contre la criminalisation. Parallèlement, certains gouvernements se sont de plus en plus appuyés sur la rhétorique et la législation relatives aux « ONG financées par des fonds étrangers » pour délégitimer les organisations LGBTI+, restreindre les marches des fiertés et museler le militantisme, dans le cadre d’un recul mondial plus général des droits humains fondamentaux.

Cela a provoqué un effet boule de neige sur le plan politique. Plusieurs gouvernements, encouragés par le revirement de Washington, se sont appuyés de manière plus agressive sur le discours des « agents étrangers » qui serviraient à affaiblir la société civile. Partout en Europe, les activistes décrivent un sentiment de déjà-vu, un vieux scénario qui revient avec une force renouvelée.

Contexte européen : mouvements anti-droits coordonnés et gel des financements

« Partout en Europe, nous assistons à une offensive délibérée et bien coordonnée de la part de l’extrême droite et des mouvements anti-droits », explique Katrin Hugendubel, directrice du plaidoyer à ILGA-Europe, à queer.lu. ILGA-Europe, l’Association internationale des lesbiennes, gays, bisexuel·les, personnes trans et intersexuées, défend les personnes LGBTI+ à travers l’Europe et l’Asie centrale. « Iels veulent restreindre les droits fondamentaux, remettre en question les normes et les institutions internationales et européennes en matière de droits humains, et saper la démocratie. »

Ces mouvements ne sont pas nouveaux. Leurs racines remontent au début des années 2000. Mais comme l’explique Katrin Hugendubel, leur ampleur s’est considérablement renforcée. « Cela ne se limite plus à une poignée de pays », explique-t-elle. « Il s’agit d’une tendance régionale, qui touche l’Europe centrale et orientale ainsi que certaines parties de l’Europe occidentale, et que l’on observe également à l’échelle mondiale ».

Les tactiques sont bien connues : restrictions de la liberté d’expression, attaques contre la société civile, campagnes de désinformation orchestrées et propagation constante de lois sur les agents étrangers. Les législations présentées comme visant la « propagande » LGBTI+ servent souvent d’outil autoritaire à plus grande échelle, réduisant l’espace démocratique et criminalisant la dissidence.

« Les droits LGBTI+ sont utilisés comme une porte d’entrée, un point d’ancrage », souligne Hugendubel. « Ce qui commence par la censure des vies queer se transforme souvent en une répression systématique de la presse, des mouvements d’opposition et des défenseur·euses des droits humains ».

Alors que les discours anti-droits s’intensifient, les ressources disponibles pour les combattre diminuent. ILGA-Europe a confirmé à queer.lu ce que de nombreuses organisations dénoncent depuis des mois : un véritable gel des financements qui ne cesse de s’aggraver. Les principaux bailleurs de fonds ont réorienté leurs priorités dans un contexte de crise mondiale ; les budgets consacrés à l’aide internationale sont réduits ; et la pression politique exercée par les groupes anti-droits dans les pays donateurs détermine les bénéficiaires des fonds. Lorsque les grands donateurs se retirent, de plus petites institutions et gouvernements suivent, déclenchant une réaction en chaîne qui laisse les organisations LGBTI+ dans une situation dangereuse de sous-financement.

Pour aggraver le problème, les lois sur les agents étrangers inspirées de la législation russe ont proliféré. Rien que l’année dernière, la Bulgarie, la Géorgie, la Hongrie, le Kirghizistan et le Monténégro ont proposé ou adopté de telles mesures. Leur message est clair : les ONG qui reçoivent un soutien international sont présentées comme suspectes, déloyales ou illégitimes.

ILGA-Europe a elle-même été touchée. L’organisation a dû réorganiser ses programmes, resserrer ses priorités et concentrer ses ressources là où l’impact est le plus immédiat. « La construction du mouvement, la sécurité et la résilience restent au centre de nos préoccupations », a déclaré Hugendubel.

Trois pays la Hongrie, la Moldavie et la Turquie — illustrent la manière dont ces tendances s’affrontent sur le terrain.

HONGRIE
« Nous savions qu’il s’agissait de la liberté de réunion »

En Hongrie, l’érosion des droits des personnes LGBTI+ s’est déroulée sur plus d’une décennie, lentement au début, puis de manière accélérée avec une précision autoritaire. Victoria Radvani (elle/iel), présidente de Budapest Pride, a retracé cette trajectoire dans une interview accordée à queer.lu.

« Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, Viktor Orbán mène une répression systématique des droits des personnes LGBTI+ », explique-t-elle. Cela a commencé en 2012 avec l’interdiction constitutionnelle du mariage pour toustes et s’est intensifié pendant la pandémie de COVID-19, lorsque les manifestations ont été interdites et la vie publique paralysée.

Au cours de cette période, le gouvernement a :

  • interdit la reconnaissance légale du genre pour les personnes trans et intersexuées ;
  • supprimé l’Autorité pour l’égalité de traitement ;
  • restreint les droits d’adoption, en confiant les décisions finales aux ministères ;
  • adopté une loi sur la propagande de type russe en 2021, censurant les thèmes LGBTQ+ dans l’éducation et les médias.
2025 : l’interdiction de la Pride par Orbán ; et son effondrement

Le coup décisif a été porté le 22 février 2025, lorsque Orbán a profité d’un discours de type « état de l’Union » pour promettre à ses partisan·e·s que les organisateur·rice·s de la Pride « n’auraient plus à se donner cette peine ». Quelques heures plus tard, le Parlement a adopté une loi criminalisant toute manifestation « mentionnant ou promouvant l’homosexualité ou le changement de genre ». Les organisateur·rice·s encourent désormais jusqu’à un an de prison, et les participant·e·s risquent des amendes pouvant atteindre 500 euros.

La Budapest Pride n’est pas restée sans réagir.

« Nous savions qu’il s’agissait d’une question de liberté de réunion », a déclaré Radvani. « Si nous ne mettions pas fin à cela, d’autres mouvements et minorités auraient été les prochains sur la liste ».

Les organisateur·rice·s de la Pride se sont associé·e·s à la municipalité de Budapest pour reclasser la marche en tant qu’événement municipal. Ce simple changement juridique a tout changé, permettant la plus grande manifestation de l’histoire de la Hongrie, avec environ 300 000 à 500 000 participant·e·s.

Violence par procuration et inquiétude des entreprises

Alors que les groupes anti-Pride tentent depuis longtemps de perturber les marches (« souvent avec la coordination discrète du parti au pouvoir », note Radvani), 2025 a apporté un nouveau défi : l’effondrement du financement.

« Lorsque Orbán a annoncé l’interdiction de la Pride, 95 % de nos sponsors privés se sont retirés », raconte-t-elle à queer.lu. Aucune loi ne les y obligeait. Mais la peur, oui. Radvani appelle cela la conformité précoce : les entreprises choisissent d’anticiper la répression plutôt que de lui résister.

« Il est dangereux pour les mouvements de défense des droits humains de dépendre du financement des entreprises. La plupart des acteurs changent instantanément leur mode de fonctionnement lorsque le paysage politique évolue. »

La Budapest Pride se tourne désormais vers le financement participatif, les dons de la communauté et les entreprises locales pour survivre, mais sa viabilité reste précaire.

Ce que l’Europe doit apprendre de la Hongrie

De nombreux donateurs internationaux ont cessé de financer des projets dans les États membres de l’UE depuis des années, convaincus que les gouvernements protégeraient les droits humains. Mais, prévient Radvani, cette hypothèse n’est plus valable.

« Ce dont nous avons besoin, ce sont des moyens. Les acteurs qui mènent à bien des projets efficaces sont faciles à trouver, il suffit que les donateurs reviennent à la table des négociations. »

Plus que tout, explique-t-elle à queer.lu, les mouvements doivent investir dans des alliances : entre les secteurs, au-delà des frontières, au-delà des identités. « Quand une crise survient, ces réseaux sont votre bouée de sauvetage ».

MOLDAVIE
« Nous espérons protéger notre communauté avant que les discours ne se transforment en lois »

Contrairement à la Hongrie, la Moldavie n’a pas connu de montée spectaculaire de l’extrémisme d’extrême droite, ce qui est une exception rare dans l’Europe d’aujourd’hui. Mais cela ne signifie pas pour autant que le pays est à l’abri de toute menace.

Leo Zbancă (il/iel), coordinateur·rice du programme de développement organisationnel chez GENDERDOC-M, décrit un paysage plus nuancé, mais de plus en plus instable.

Fondée en 1998, GENDERDOC-M est la plus ancienne organisation LGBTI+ de Moldavie. Elle fournit des services juridiques, psychologiques et sociaux à travers quatre programmes principaux, tout en menant des campagnes nationales de sensibilisation et de défense des droits.

Le gel des financements et ses conséquences

L’organisation est entièrement financée par des donateurs, ce qui la rend extrêmement vulnérable aux changements globaux. À lui seul, le gel des financements américains a entraîné une perte annuelle de 12 %, et les appels à financement sont beaucoup moins nombreux que les années précédentes.

« Cela menace notre viabilité financière, en particulier à partir de 2026 », confie Zbancă à queer.lu. Le groupe a lancé une campagne Patreon, mais elle ne peut couvrir que des frais secondaires. Les donateurs internationaux et les ambassades restent indispensables.

Le populisme, pas l’extrême droite, mais tout aussi dangereux

La menace qui pèse sur la Moldavie ne vient pas de l’extrême droite, mais des partis populistes de gauche, les socialistes et les communistes, historiquement alignés sur la Russie.

« Ils utilisent les mêmes discours anti-LGBTI+, contaminant l’espace médiatique public et polarisant la société », explique Zbancă.

Cette rhétorique s’est considérablement intensifiée pendant le cycle électoral moldave de 2023 à 2025. Lors de l’élection présidentielle de 2024 et du référendum sur l’adhésion à l’UE, les messages anti-queers sont devenus un outil central utilisé pour courtiser les électeur·rice·s conservateur·rice·s.

« Cela a créé un niveau élevé d’anxiété au sein de la communauté », se rappelle Zbancă. « Beaucoup craignaient ce qui pourrait arriver si les forces pro-russes arrivaient au pouvoir. »

La victoire du parti pro-européen en septembre 2025 a apporté un soulagement, mais la menace reste latente.

Avec la mise en place d’un gouvernement démocratique, GENDERDOC-M milite pour :

  • une législation sur le mariage ou le partenariat civil égalitaire ;
  • une loi sur la reconnaissance juridique du genre ;
  • et des efforts d’éducation publique afin d’immuniser la société contre la manipulation politique anti-LGBTI+.

« Nous voulons voir la Moldavie dans l’Union européenne », déclare Zbancă à queer.lu, « avec une protection renforcée pour les divers groupes qui composent le spectre LGBTI+ ».

TURQUIE
« Le fer utilisé ne rouille pas, mais j’ai mal au dos »

Dans une interview accordée à queer.lu, Janset Kalan (elle), une défenseuse des droits humains trans de 38 ans, se décrit avec le sourire : « Je suis mère célibataire de quatre enfants : mes chats ». Mais cette plaisanterie est aussi une déclaration politique. « Quand on pense à la façon dont la société turque sexualise les mères célibataires, les traite comme des êtres incomplets sans homme, les expose au harcèlement et à la discrimination dans toutes les institutions publiques, cela reflète l’expérience des femmes trans », explique-t-elle à queer.lu. « Les voisin·e·s pensent que vous êtes hypersexuelle. Les hommes pensent que vous êtes consentante par défaut. L’État pense que vous êtes immorale et obscène. »

Kalan est la coordinatrice générale de l’Association arc-en-ciel contre la discrimination (ARC), un réseau de 13 organisations LGBTI+ à travers la Turquie. L’ARC propose des services de mentorat, de renforcement des capacités et des subventions, afin de permettre à ses membres de maintenir leurs bureaux ouverts, de payer leur personnel et d’offrir un soutien psychosocial et juridique essentiel.

Son rôle est devenu tout simplement vital.

Une communauté assiégée

« La communauté queer en Turquie est aujourd’hui fortement opprimée, pauvre et prise pour cible », déclare Kalan à queer.lu. « Mais elle est aussi très forte, résiliente et bien informée. »

Selon les conseiller·ère·s des organisations queer, les jeunes LGBTI+ sont confronté·e·s à des niveaux croissants d’anxiété, de dépression et de risque d’automutilation. La crise s’est fortement aggravée après novembre 2024, lorsque le gouvernement a restreint l’accès aux traitements hormonaux substitutifs. Depuis, le nombre de personnes trans sollicitant une aide psychosociale et juridique a explosé.

Les menaces sont multiples et se recoupent :

  • l’accès aux soins de santé affirmant le genre s’effondre ;
  • les femmes trans et les travailleuses du sexe sont accusées d’obscénité ;
  • les contenus LGBTI+ sont censurés sur toutes les plateformes médiatiques ;
  • les marches et rassemblements des fiertés sont régulièrement interdits ;
  • la pauvreté et le chômage touchent de manière disproportionnée les personnes queer ;
    • les discours haineux et les agressions violentes continuent d’augmenter.

    Pourtant, malgré la pression, Kalan souligne que la communauté est également devenue plus organisée et plus connectée. « Chaque nouvelle restriction nous pousse à mettre en place de nouveaux mécanismes de solidarité », ajoute-t-elle.

    La crise du financement : « Les retraits soudains ont détruit notre écosystème »

    Comme la Moldavie et la Hongrie, la Turquie a été durement touchée par le gel mondial des financements, mais ici, les conséquences ont été dévastatrices.

    « Les dons individuels sont rares en Turquie », explique Kalan dans son interview avec queer.lu. « La plupart des associations ne peuvent tout simplement pas fonctionner sans financement international. »

    Les deux dernières années ont été brutales :

    1. Retraits de l’ONU

    • L’organisation locale LGBTI+ Red Umbrella Association a été contrainte de fermer ses unités de service après que le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) a brusquement mis fin à son financement en mars 2024, mettant ainsi fin à l’accès à la santé et aux droits sexuels et reproductifs (SRHR) et au soutien psychosocial ;
    • L’association Kaos GL perdra le financement de son programme pour les personnes réfugiées l’année prochaine en raison d’un retrait soudain du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ;
    • L’organisation locale Hevi LGBTI+ a vu son projet à long terme en faveur des personnes réfugiées échouer à mi-parcours.

    2. Réductions d’effectifs et surcharge de travail

    • L’association SPoD a dû licencier des membres de son personnel ;
    • L’organisation Pembe Hayat ne peut pas embaucher suffisamment de personnel pour expédier son travail administratif ;
    • En raison des coupes budgétaires chez Kaos GL, Hevi deviendra la seule organisation restante à soutenir les personnes réfugiées LGBTI+, sans ressources supplémentaires.

    3. Crises financières et connexes

    • L’hyperinflation et la flambée des loyers ont contraint l’association May 17 à fermer son deuxième bureau ;
    • Lambda Istanbul lutte pour rester ouverte, car le loyer et les charges deviennent impossibles à payer.

    Cet effondrement survient alors que la rhétorique anti-LGBTI+ s’intensifie, laissant les communautés exposées et sans soutien.

    Le danger commence avant même que la loi ne soit adoptée.

    La montée mondiale des mouvements anti-genre se fait profondément sentir en Turquie. Les autorités locales agissent comme si ces mouvements existaient déjà.

    « Les restrictions en matière d’hormones ont poussé quelques personnes trans vers le marché noir », a déclaré Kalan. Les recherches sur le terrain menées par Pink Life ont révélé que :

    • Près de 90 % des participant·e·s trans n’ont pas accès aux hormones ;
    • 70 % font état d’une grave détérioration de leur état de santé ;
    • Les réfugié·e·s LGBTQ+ se voient de plus en plus souvent refuser des soins de santé dans les hôpitaux.

    Pour les personnes trans incarcérées, la situation est pire encore : isolement cellulaire, manque de produits d’hygiène, menaces disciplinaires et isolement total de leur famille ou de leurs ami·e·s.

    Et pourtant, des signes d’espoir

    Malgré la pression incessante de l’État, les mentalités en Turquie évoluent progressivement. Une enquête publique réalisée en 2024 par Kaos GL et May 17 a montré que :

    • Près de 70 % de la société n’est pas opposée aux droits des personnes LGBTI+ ;
    • Environ 39 % soutient ouvertement les personnes LGBTI+ qui vivent librement et dans l’égalité ;
    • Environ 40 % soutient le droit des personnes trans à accéder à des soins de santé affirmant leur genre.

    Plus de 170 organisations de la société civile ont signé des déclarations s’opposant aux projets de loi anti-LGBTI+, signe, selon Kalan, « que la solidarité est toujours vivante ».

    Un message aux militant·e·s du monde entier

    Interrogée sur ce qu’elle souhaitait dire aux personnes queer du monde entier qui mènent des combats similaires, Kalan réfléchit un instant.

    « Quand je me sens déprimée, je rends visite à mes mères trans », dit-elle. « J’écoute leurs histoires, comment elles ont survécu avec dignité et fierté. Ce souvenir me donne du courage. Je transmets leur savoir à la génération suivante. »

    Elle nous a ensuite fait part d’une phrase qu’elle avait prononcée pour la première fois lors de la conférence annuelle 2025 d’ILGA-Europe, une phrase qui résume à la fois l’épuisement et la résilience :

    « Le fer utilisé ne rouille pas, mais j’ai mal au dos. »

    Un rappel que l’activisme se forge dans l’endurance, mais qu’il a ses propres limites humaines.

    L’avertissement d’ILGA-Europe résonne dans toutes les interviews : les attaques contre les personnes LGBTI+ sont indissociables des attaques contre la démocratie elle-même.

    Et pourtant, des manifestations record en Hongrie à la résilience trans en Turquie, en passant par l’optimisme prudent en Moldavie, une chose est claire : le mouvement queer européen ne recule pas. Ni maintenant, ni jamais.